Seule Ellen…
Elle a besoin d’air, c’est sûr. Du ventilo à l’aspirateur, tout est bon pour oxygéner ses pensées, minées par un JR qui l’utilise en potiche et sac à foutre. Tout est bon, même les cours d’espagnol, à condition qu’on ne lui demande pas Como esta usted… Tout est bon ? Disons qu’elle essaye tout, Sue Ellen, mais que rien ne suffit. Sauf l’alcool, évidemment. Et c’est quand elle est saoule, Ellen, que la vie devient enfin multicolore, elle cite Boileau, elle enchaîne les volatiles après avoir fabriqué une cocotte, elle se rêve princesse ou aventurière… Mais c’est aussi dans ces moment là que tout revient : ses espoirs de miss défilantes, son amour pour Dusty Farlow, mort dans un crash d’avion, ses espoirs déçus, sa vie fichue…
Portée par la géniale Elisa Voisin, ce solo, projet « parallèle » à la création Notre Dallas (cf La Marseillaise de mercredi), entre drôlerie et amertume, révèle une nouvelle fois le talent d’écriture de Charles-Eric Petit, qui parvient avec malice, humour et tendresse à trouver l’épaisseur tragique de cette femme « blottie sous la ceinture des géants », et qui se demande désormais « pourquoi faut-il des jours entre mes nuits ?»…
D.B.