Mise en scène Charles-Eric Petit Assistant Pierre-François Doireau Lumière Laurent Coulais Travail Musical Samuel Réhault Vidéo Franck Ternier
Avec Guillaume Clausse, Pearl Manifold, Julien Mouroux, Julie Timmerman, Charly Totterwitz, Elisa Voisin
Ce fut la première pièce créée par Cie en septembe 2005, au théâtre des Bernardines à Marseille, et elle donnera son nom à l'association qui l'abrite.
Le Fruit de la Discorde est une adaptation libre de La Dispute de Marivaux.
C'est une "comédie déviante"; une soupe mythologique jubilatoire et théâtrale qui mélange les genres.
Lors d'une fête en campagne se rencontrent hommes et femmes, figures éternelles et mythiques : Adamis, l'homme enfanté par un
arbre, Eglaïs, crachée des eaux, Merès le guerrier et Coradine, femme entre surface et profondeur... Curiosité, Désir et Amour les guident, ils jouent à se découvrir – à "se mettre"sous le regard
de – à remuer les origines et secouer leurs corps perdus – abandonnés par les puissants... Qui est donc ce Prince qui orchestre la fête ? Point d'inquiétude : c'est sous le couvert de
Thalie, muse de la comédie, que l'expérience se livre : sur le terrain de jeu qu'est la scène, "l'impayable" chaos règne.
Eloge des corps. Installons-le.
PRINCE. –Installons le décor.
Le décor pour la fête.
Plaçons-le sous cette arche.
Rassemblons la poussière.
Dans cet « espace à verbe » où tout est ordonné, façonnons la matière.
les animaux parqués ;
ils ont pour nom : « êtres vivants ».
Tapissons d’herbes et de verdure les endroits esseulés.
Donnons pour nom « semence » aux arbres dont le fruit porte le grain fécond.
Laissons couler les poires et les pommes à nos pieds,
Laissons choir les atomes qui nous viennent d’en haut…
Créons.
Soyons féconds et prolifiques,
Soyons funèbres puis triomphants.
Dominons les espèces,
et n’épargnons
surtout personne !
Profitons de la nuit pour créer notre jour. Elle est la plus propice.
Laissons luire le soleil – laissons-le entrer par une faille de plafond qu’il éclaire nos sujets, concentrant ses rayons !
Et filtrer la poussière dans ce lieu solitaire et sauvage.
Et nos corps ténébreux profiter du spectacle !
(EXTRAIT)
(...)